Article proposé par : One Artisan le 03-05-2019

Pourquoi utiliser des matériaux biosourcés

De plus en plus sensibles au développement durable et au bien-être de notre planète, l’Etat ainsi que de nombreuses entreprises vont promouvoir l’utilisation de matériaux biosourcés dans le bâtiment. Comme nous vous l’avons expliqué dans notre article sur le recyclage des déchets, les matériaux utilisés sur les chantiers sont devenus un réel enjeu pour l’environnement afin de limiter la pollution, les émissions de gaz à effet de serre mais également l’utilisation de matières premières d’origine fossile (matières issues de la transformation de matières organiques et composées de carbone).

C’est en 2007 que va débuter la réflexion sur les matériaux biosourcés, suite au Grenelle de l’environnement. Par la suite, l’arrêté du 19 décembre 2012 rendra officiel le Label « Bâtiment Biosourcé » afin d’encourager l’usage de matériaux biosourcés. Mais qu’appelle-t-on matériaux biosourcés ? Qu’est-ce que le Label « Bâtiment Biosourcé » ? Quels matériaux biosourcés choisir ? Quels sont leurs avantages et leurs inconvénients ? Combien coûtent-ils ?
One Artisan répond à toutes vos questions dans ce nouvel article !

Qu’est-ce qu’un matériau biosourcé ?

L’arrêté du 19 décembre 2012 définit un matériau biosourcé comme « une matière issue de la biomasse végétale ou animale pouvant être utilisée comme matière première dans les produits de construction et de décoration, de mobilier fixe et comme matériau de construction dans un bâtiment. » Les matériaux biosourcés peuvent également être demandés dans les rénovations et extensions.

Les professionnels pourront recourir aux matériaux biosourcés dans les isolants, les mortiers, le béton, les panneaux, les matériaux composites plastiques mais également dans la chimie du bâtiment. Les matériaux biosourcés les plus répandus dans le bâtiment sont le bois, la paille, le chanvre, la ouate de cellulose, le liège, le lin, les plumes de canard, le miscanthus ou encore la laine de mouton.

Les matériaux biosourcés doivent bien évidement répondre aux normes de construction. Dans le cas contraire les assurances (assurance décennale par exemple) ne pourront être délivrées aux professionnels. Pour vous assurer de la qualité des matériaux biosourcés, vérifiez qu’ils portent la mention CE garantissant le respect des directives européennes. Les certifications NF et Acermi peuvent également apparaitre sur les matériaux biosourcés désirés.

Le Label « Bâtiment Biosourcés »

Créé en 2012, le Label « Bâtiment Biosourcé » va indiquer le taux d’incorporation en kilogramme par mètre carré de surface de plancher, de matière biosourcée à la construction. Il existe trois niveaux de Label. Pour obtenir le premier niveau du Label, deux produits de construction biosourcés aux fonctions différentes et issus de la même famille ou non, devront être utilisés. Pour acquérir le second et le troisième niveau du Label, les produits biosourcés mis en œuvre devront provenir de deux familles différentes de produits de construction biosourcés.

La demande de Label « Bâtiment Biosourcé » doit être réalisée par le Maître d’Ouvrage auprès d’un organisme conventionné par l’Etat qui va évaluer la qualité globale du bâtiment, sa performance énergétique et l’usage des produits le composant. Le processus de certification débutera lors de l’étude du projet initial et se conclura à la fin de la réalisation. Attention, la validité du Label pourrait être remise en cause en cas de changement de matériaux. En effet, les critères d’obtention du Label devront être respectés sur toute la durée de vie du bâtiment concerné.

Quels sont les avantages des matériaux biosourcés ?

Les matériaux biosourcés présentent de nombreux avantages. Etant renouvelables, les matériaux biosourcés ont un véritable impact positif sur l’environnement. En stockant le carbone, ils vont participer activement à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les matériaux biosourcés proviennent de biomasse végétale ou animale et nécessitent peu de transformation chimique pour être utilisés, ils seront donc moins polluants pour la planète 😊 De plus, ces matériaux sont, pour la plupart, issus de circuit-courts et d’entreprises locales.

Pour votre construction, les matériaux biosourcés vont avoir un véritable rôle de régulateur thermique mais également hygrométrique (degré d’humidité) vous assurant une bonne isolation, une ventilation efficace et donc un vrai confort d’été (capacité des murs à laisser traverser la chaleur ou le froid). L’inertie de votre logement sera optimisée et votre confort s’en fera ressentir. L’utilisation de matériaux biosourcés n’impactera pas votre construction, les techniques utilisées seront similaires à la construction traditionnelle sauf exception.

Les matériaux biosourcés bénéficient également de nombreuses certifications (Acermi, NaturePlus…). L’emploi de matériaux biosourcés sur une construction neuve ou une extension peut être récompensé par un « bonus de constructibilité » qui autorise le Maitre d’Ouvrage à dépasser les règles de constructibilité dans la limite de 30%. Pour en bénéficier, ce bonus devra être mentionné dans le PLU (Plan Local d’Urbanisme) de la ville où ont lieu les travaux. Renseignez-vous auprès de la Mairie 😊

Les principaux inconvénients des matériaux biosourcés

  • -> L’assurance décennale : Pour obtenir les assurances nécessaires dont l’assurance décennale, le Maître d’Ouvrage devra être extrêmement vigilant à la technique utilisée. En effet si la technique préconisée n’entre pas dans la clause « technique courante » de son contrat, le professionnel n’obtiendra pas son assurance, il sera alors dans l’obligation de se rapprocher de son organisme assureur. En tant que particulier, vous n'aurez aucun problème pour assurer votre maison. Seul les matériaux exotiques ou techniques marginales pourront rendre l’obtention de l’assurance plus compliquée.
  • -> Les risques d’incendie : Les matériaux biosourcés ne vont pas décupler les risques d’incendie, soyez rassuré. Sur un chantier, les matériaux biosourcés seront stockés à l’abri des sources de chaleur. Pour être utilisés, ils devront obligatoirement respecter les critères de réaction au feu de la réglementation correspondante au type de construction. Les matériaux biosourcés non résistants au feu, seront traités chimiquement ou feront l’objet d’un écran coupe-feu pour assurer la protection des habitants.
  • -> Le traitement chimique : Certains matériaux biosourcés comme le bois par exemple, devront subir un traitement chimique afin d’éviter la moisissure et les attaques d’insectes.
  • -> Confort thermique : Les matériaux biosourcés présentent de nombreux avantages mais certains n’assureront pas le confort thermique de votre logement. Il faudra alors les compléter avec d’autres matériaux biosourcés comme le bois.
  • -> Composition : Les matériaux biosourcés ne sont pas 100 % naturels, ils peuvent contenir des additifs chimiques afin d’assurer leur maintien, leur résistance au feu, aux moisissures ou encore aux insectes.

Quels sont les matériaux biosourcés utilisés ?

Pour vous aider dans votre quête de matériaux biosourcés, nous vous avons détaillé les matériaux les plus employés, notamment pour l’isolation.

-> LE BOIS : Le bois est un matériau biosourcé présentant de bonnes performances thermiques et acoustiques. Il est renouvelable et contribue à votre confort confort d’été. Son point négatif ? Il devra être traité chimiquement pour ne pas subir les dégâts d’insectes ou de moisissure.

- Utilisation : isolation intérieure et extérieure, des combles et des rampants de toiture.

- Formats : panneaux de bois ou laine de bois.



-> LE LIEGE : Produit à partir de chêne-liège ou de bouchon en liège, le liège est un matériau biosourcé biodégradable sans additif et imputrescible (ne pouvant moisir). Il est possible de le mélanger avec d’autres matériaux comme le béton, par exemple. Avec une très bonne réaction au feu, le liège détient une excellente performance thermique et acoustique mais également une bonne contribution au confort d’été. Son point négatif ? Etant généralement importé, le coût du liège est plus important que les autres.

- Utilisation : isolation des planchers, des murs par l’intérieur ou l’extérieur, les combles perdus, les rampants de toiture. Le liège est l’un des seuls matériaux biosourcés utilisé pour l’isolation des planchers 😊

- Formats : panneaux, rouleaux ou granulats.



-> LA PAILLE : La paille présente de nombreux avantages, son coût est modéré, ses performances acoustiques et thermiques sont prouvées, elle contribue au confort d’été, c’est un matériau renouvelable ne nécessitant aucun traitement, il est donc facile à mettre en œuvre et pris en compte par les assurances. Son point négatif ? La paille est un matériau biosourcé lourd, devant être utilisé en nombre pour atteindre ses meilleures performances.

- Utilisation : revêtement de façade (mélangée à la terre), remplissage des murs et de la toiture, isolation thermique par l’extérieur mais également des cloisons intérieures.

- Formats : bottes de paille, panneaux ou enduits.



-> LE CHANVRE : Le chanvre est un matériau biosourcé régulant l’humidité, assurant de très bonnes performances thermiques et acoustiques, contribuant au confort d’été et assurant une stabilité face au feu (sous forme de béton). Ses points négatifs ? Le temps de séchage du béton de chanvre est long et la laine de chanvre peut contenir des produits chimiques.

- Utilisation : isolation des murs, des combles perdus ou des rampants de toiture mais également pour le revêtement de façade.

- Formats : mortiers, enduits, béton ou sous forme de laine.


-> LA OUATE DE CELLULOSE : Saviez-vous que la ouate de cellulose était issue des journaux recyclés ? La ouate de cellulose assure une bonne régulation de l’humidité, une excellente performance thermique et acoustique et sa production nécessite peu d’énergie. Comme pour les autres matériaux biosourcés, elle contribue au confort d’été. Ses points négatifs ? La ouate de cellulose peut dégager des odeurs et émettre des formaldéhydes (gaz inflammable) provenant des résidus d’encre. Elle devra donc être traitée chimiquement pour résister aux incendies.

- Utilisation : isolation, en soufflage à sec en combles perdus, en insufflation à sec dans des caissons, en projection humide sur les murs, en flocage en sous-face de planchers.

- Formats : panneaux et vrac.



-> LE TEXTILE RECYCLE : Une fois triés, les vêtements sont défibrés et mélangés. Les fibres sont ensuite thermoliées. Elles vont alors présenter une excellente performance thermique et acoustique. De plus le textile recyclé régule l’humidité et n’émet aucune poussière. Ses points négatifs ? Les fibres risquent de se tasser lorsqu’elles seront posées à la verticale et devront être traitées chimiquement pour résister au feu.

- Utilisation : isolation des murs, des combles perdus et des rampants de toiture.

- Formats : rouleaux, panneaux semi-rigides ou en vrac.


-> LA LAINE DE MOUTON : Non utilisée dans la filière textile, la laine de mouton est un matériau biosourcé régulant l’humidité, résistant au feu et présentant une grande performance thermique et acoustique. Ses points négatifs ? La laine ne contribuera pas à votre confort d’été et devra subir un traitement antimites souvent toxique.

- Utilisation : isolation des murs, des combles, des rampants de toiture, calorifugeage de gaine ou de tuyau.

- Formats : rouleaux, panneaux de laine, vrac et également sous forme d’écheveaux.

Saviez-vous que l’herbe était un matériau biosourcé en devenir pour l’isolation ?

Transformée sous forme de panneaux isolants thermiques, l’herbe est un matériau biosourcé dont le bilan carbone est négatif. Entièrement recyclable, l’herbe est un excellent régulateur hygrométrique, présentant de bonnes performances acoustiques et un véritable confort d’été. De plus l’herbe est un matériau biosourcé très disponible avec un cycle de renouvellement peu contraignant. Bien évidemment, l’herbe est différente de celle utilisée pour les animaux. 😊

Il existe également d’autres matériaux biosourcés pouvant s’avérer très utiles pour vos maçonneries comme la chaux, le ciment prompt, la brique de terre crue, le béton cellulaire, la pierre ponce, l’argile ou encore le verre cellulaire. Pour votre toiture, vous pourrez préférer la chaume, la paille de riz, l’ardoise, les lauzes ou la toiture végétalisée.

Le coût des matériaux biosourcés

Les matériaux biosourcés sont des matériaux dont le coût peut vite devenir un frein à leur utilisation. En effet, ils sont plus onéreux que les matériaux dits traditionnels. Seul la ouate de cellulose propose un prix compétitif, a contrario du liège qui est hors de prix. Ce coût est expliqué par la faible part des matériaux sur le marché. En 2020, la mise en place d’une réglementation environnementale participera au déploiement de ces matériaux biosourcés et en fera probablement baisser le prix. Nous vous tiendrons informés de son contenu. Mais attention, le prix ne fait pas tout, il est important de prendre en compte les qualités des matériaux biosourcés et leurs bénéfices pour l’environnement mais également pour vous.

Si vous souhaitez réaliser une construction ou une rénovation à base de matériaux biosourcés en Gironde, contactez-nous, nous vous recommanderons des Artisans Qualifiés !

En savoir plus : Guide des matériaux biosourcés de la FFB (Fédération Française du Bâtiment)